23 août 2009

Jardin De Vienne

"Les cimetières d’Istanbul sont les plus belles, les plus hospitalières"

Comme un mort, un nénuphar noir terni par les eaux souillés et placides.
Où aller ?
Je ne trouvais de repos que dans le royaume de ceux à qui j’appartiens.

Car plus rien n’est comme avant ; éloigné du Rêve, l’Espoir est comme une mer qui se retire. Il n’y aurait pas de place pour moi dans ces maisons réchauffées au gaz, dans ce monde abrupt… Je sais que ma vie est finie même si l’âge, lui, se poursuit…

Se dissipe, derrière le voile invisible de la Mort, la main réconfortante d’une mère inquiète… Père, Mère et Amour –jamais connu l’Ami- avoir perdu tout liens vitaux, le cœur éclate en sanglots. Muets. Sanglots que je verse sur la terre, qui leurs sert de couvert…

Où est ce que j’appartiens ?
Pour les morts existe un endroit unique. S’ils ne viennent pas pour moi, je vais moi-même les chercher, dormir sur leurs tombaux…
Adieux villes inhospitalières, montagnes, rivières…
Adieux vieux mosquées, chapelles et vastes prés…

Au vent du printemps, je devine l’automne qui m’épuise.
Adieux, le Destin hivernal…

Les jours inanimés, à parler aux épitaphes, à déambuler entre les sépultures, j’assiste aux joyeuses funérailles, caché derrière les arbres, j’accueille, avec candeur, les invités du (nouveaux arrivés au) royaume…

Je leurs plante des fleurs ; pivoine, oeuillet, violette
Cimetière comme une clairière turque, cimetière comme un jardin de Vienne…

Je passe les nuits fraîches à chanter, aux dormeurs éveillés, aux anges passants… et J’Attends.
Que l’ange neutre prend ma main, me fait traverser le voile invisible…

Je n’ai point le courage de me pendre au cerisier… alors J’Attends…
Les jours inanimés à parler aux épitaphes, à déambuler entre les tombaux, les nuits fraîches, à chanter, aux dormeurs éveillés, aux anges passants…

22 juin 2009

Sourire. Par Amour...



Sortir de Fatales. Remonter jusqu’à la Médiathèque Charles De Gaule, avenue de Paris. Ecraser la cigarette. Entrer. Sortir. Flâner, inconsciemment, esprit évasif, dans les nuées. Prendre les transports publics ; métro n°2, ou la 38B. Passer par Lafayette, arriver au Mutu… Sortir une clope, une fois de plus. La dernière ? Peut-être pas. Fumer, arrêter de fumer. Me décider… Essuyer les gouttes de sueur qui perlent au front. Ecouter les autres parler, pour ne rien dire... Dévisager les passants. Peut-être celui là…, Peut-être lui, ou lui, non ! Pas lui… « Peut-être toi… ».
Retenir son souffle. Respirer. Retenir son souffle encore. Encore. Encore et Encore. Défier la Fatalité. Ne plus respirer. Suffoquer. Respirer naïvement.
Face aux regards désenchantés,
Sourire. Par politesse…
Traîner des effluves de Diamonds for Men –Emporio Armani- sur des habits Noir et Rock, témoignant d’une Mélancolie, un peu trop subtile pour que les esprits futiles puissent la discerner…
- Eh ! le gothique ! S’écrie un des pauvres fous, qui emplissent les rues de Tunis…
Se réfugier sous une paire Ray Ban noire,
Sourire. Par vanité…
Continuer de marcher… « Ambassade d’Allemagne ». Une tendre pensée à mon cher Adolf… Marcher, raisonner, rêvasser… ASSEZ !
Envie de voir ma vie en l’air, tout chambouler, couper le fil des pensées, tout recommencer. Trouver l’Autre. Courir jusqu’au bout du monde. Faire une réservation. -Athènes. Une réservation POUR DEUX. Sables fins, horizons aux bleu irisé, goût salé, euphorie et sensation d’être à deux, seuls, ensemble, libres, loin du monde, oubliés de tous…avec seulement une promesse pour vivre, une promesse d’être à jamais deux, tout les deux, unis, réunis. Et quand les pensées se brisent sur une réalité un peu trop amère, quand le goût de la cigarette remplace celui de l’océan, et le béton de la cité Mahrajane chasse l’horizon, fallait –pour la première fois- se calmer et se dire qu’on a l’Autre comme repère. Quand tout s’écroule bruyamment, je n’ai qu’à sentir tes doigts parcourir mon visage. Réaliser. Fusionner Rêve et Réalité. S’avoir Savourer être Sauvé. Surmonter ses Doutes. En Rire, en Pleurer, s’il le faut, s’il le faudrait…
Dire enfin « Te voilà »…
Et sourire. Par Amour.

04 mars 2009

Noir-soeurs

Noir-soeurs
Deux êtres obscurs habitent en moi
Deux sœurs jumelles me tirent vers le bas.

Vers des citées corrompues où Igzourg[1] s’est installé
Pour un trouble noir qui m’est destiné.
Dans ce tumulte nébuleux où mon âme se plait,
Des anges déchus viennent me réconforter.

Victime d’ambition déçues et d’une existence incertaine
Accompagné de manifestations mornes et schizophrènes
Animé par des plaisirs clandestins, réellement insipides
On est consumé par le néant, par le vide.

Deux êtres obscurs habitent en moi
Deux sœurs jumelles me tirent vers le bas.

Désolé d’être et d’avoir été
D’une race maladive taillée de l’ambiguïté
Une goûte d’encre noire dans un nectar divin
Un faux accord dans la symphonie du destin humain.

Rien ne pourra changer le monde,
Rien ne pourra chasser les noir-sœurs.

Car le passé s’appelle Ignorance
Et l’avenir se nomme Perdition
Superficialité, Dante et putréfaction
Maux, Masques horribles et éternelle déchéance.

Deux êtres obscurs habitent en moi
La Mélancolie et la Haine me tirent vers le bas.


[1] Dans le monde d’Anima Ursu, Igzourg est le dieu de la laideur et de la pestilence.

Being a Wiccan...


Wicca is a very peaceful, harmonious and balanced way of thinking and life which promotes oneness with the divine and all which exists.
"Wicca is a deep appreciation and awe in watching the sunrise or sunset, the forest in the light of a glowing moon, a meadow enchanted by the first light of day. It is the morning dew on the petals of a beautiful flower, the gentle caress of a warm summer breeze upon your skin, or the warmth of the summer sun on your face. Wicca is the fall of colorful autumn leaves, and the softness of winter snow. It is light, and shadow and all that lies in between. It is the song of the birds and other creatures of the wild. It is being in the presence of Mother Earths nature and being humbled in reverence. When we are in the temple of the Lord and Lady, we are not prone to the arrogance of human technology as they touch our souls. To be a Witch is to be a healer, a teacher, a seeker, a giver, and a protector of all things. If this path is yours, may you walk it with honor, light and integrity."



What witchcraft is NOT:
Witchcraft or Wicca is not a cult. We do not proclaim ourselves to be spokespersons for the divine or try to get others to follow us as their leaders.
We do not worship Satan or consort with Demons. Satan is a Christian creation and they can keep him. We do not need a paranoid creation of supreme evil and eternal damnation to scare us into doing the right thing and helping others. We choose to do the right thing and love our brothers and sisters because it IS the right thing and it feels good to do it. I suppose it is a maturity thing.
We do not sacrifice animals or humans because that would violate our basic tenant of "Harm None." Anyone who does and claims to be a Wiccan or a Witch is lying.
We have no need to steal or control the life force of another to achieve mystical or supernatural powers. We draw our energy from within, our personal relationship with the divine and nature.
We do not use the forces of nature or the universe to hex or cast spells on others. Again, "Harm None" is the whole of the law.


If Witches don't have a bible, what do they use?
Most modern Witches keep a Book of Shadows, (BOS) or Grimoire, which is more like an individuals workbook, journal, or diary, meaningful to the person who keeps it. This book contains rituals, discoveries, spells, poetry, herb lore, etc.



Sources:

08 février 2009

Mort-né

Mort-né

Les larmes coulent sur ses joues atrocement sanguines
Les yeux assombris par la douleur sont ternis
Les paumes de ses mains se déchirent indignes
D’un bébé qui s’apprête à voir la lumière jaunie

Dans cet Apocalypse, se conjuguent naître et mourir
Les religieuses l’entourent, attentives
Voulant s’en approprier non la secourir
Mais l’Élu s’attarde à venir…

Les chants catholiques chevauchent le vent
La naissance prophétique se réalise
Être suprême, solennel et sublime, il est.
Vilaine, méprisée, à leurs yeux, elle resterait.

Elle ne savait ce qu’il lui arrivait
Cris, Souffrance, son ventre s’écorchait
Subitement, elle rend compte
Que c’est vide, hypocrite et laid

Le monde s’impatientait
L’odeur de l’encens se propageait
Ses maux la tuaient
Sera-t-elle enfin délivrée ?

Le monde s’impatientait
Les litanies sacrées, aux cieux, s’élevaient,
Soudain, leurs visages deviennent offusqués
N’avaient-ils jamais songé qu’il pouvait être, mort-né

Elle était la seule à le savoir et elle en riait
Avant de rejoindre son enfant au paradis espéré
Œuvre du diable qui la possédait
Ou simple mensonge…divin ?

28 janvier 2009

Quand je pense à tous les livres qu’il me reste à lire, j’ai la certitude d’être encore heureux. (Jules Renard)


Actualité littéraire:

Le Prix du Jeune Ecrivain Francophone est organisé par l’Association du Prix du Jeune Ecrivain qui apporte par ailleurs, son concours à d’autres prix littéraires francophones tel que le Prix des Cinq Continents de la Francophonie.

Il distingue des manuscrits (nouvelles, romans, contes) écrits en français par de jeunes étrangers francophones âgés de 15 à 27 ans.

Chaque année, un ouvrage rassemblant les meilleures nouvelles des lauréats de Prix du Jeune Ecrivain et du Prix du Jeune Ecrivain Francophone est publié par une maison d’édition.
Souhaitez moi "bonne chance!"
***
Le nouvel article très poignant de Monsieur Hmida Ben Romdhane, journaliste à La Presse de Tunisie depuis 1986. Diplôme de 3eme cycle en sciences politiques à la Sorbonne, sur ce lien *
Des hallucinations graphiques, dérapages dérivatifs, contradictions imminentes d'une jeune tunisienne, sur ce lien *

19 janvier 2009

Les litanies de Satan (extrait)

Ô toi, le plus savant et le plus beau des Anges,
Dieu trahi par le sort et privé de louanges,
Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !
Ô Prince de l’exil, à qui l’on a fait tort,
Et qui, vaincu, toujours te redresses plus fort,
Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !
Toi qui sais tout, grand roi des choses souterraines,
Guérisseur familier des angoisses humaines,
Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !
Toi qui, même aux lépreux, aux parias maudits,
Enseignes par l’amour le goût du Paradis,
Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !
Ô toi qui de la Mort, ta vieille et forte amante,
Engendras l’Espérance, — une folle charmante !
Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !
Toi qui fais au proscrit ce regard calme et haut
Qui damne tout un peuple autour d’un échafaud,
Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !
Toi qui sais en quels coins des terres envieuses
Le Dieu jaloux cacha les pierres précieuses,
Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !

Charles Baudelaire
Révolte
Les Fleurs Du Mal

17 janvier 2009

2 romans, 2 fenêtres sur d'autres mondes

Ce que le Jour doit à la Nuit par Yasmina Khadra
Mon algérienne préférée, j’ai manqué votre dernière conférence à la libraire de la Marsa à l’occasion de la publication du roman mais ce n’est pas pour autant que je reste indifférent au charme d’un livre très attachant.


Lolita par Vladimir Nabokov
Un peu jaloux du large succès de cet auteur russe, j’ai longtemps résisté à la couverture du roman qui représente un visage d’une femme-enfant au traits mystérieux. Pourtant, j’ai fini par renoncer à mon orgueil et c’est tant mieux puisque j’ai savouré lire cet ouvrage qui s’avère être un triomphe littéraire…

Lilith

- Tu es la Maudite, la prostituée, tu es Lilith † la noire. Lui dit Snsnwy‍†† méprisant.

Elle baissa la tête fermant les yeux comme si elle s’apprêtait à se jeter au tréfonds de l’enfer auquel elle était condamnée.

- Tu fus désobéissante, capricieuse au point de transgresser les règles du Seigneur, tu t’es condamnée toi-même le jour où tu incarnas le péché. Du monde originel, tu es chassée. Ta demeure jusqu’au Jugement Dernier qui mettra fin à toute chose, la terre sera.

Elle ouvrit ses ailes noires. Le parfum le plus animale, le plus sauvage et tentateur, imprégné de sulfure que produisaient les profondeurs de l’Enfer, s’élança véhémentement. Et d’un geste brusque mais maîtrisé, elle leva la tête et laissa paraître ses yeux noirs qui brûlaient Rancoeurs et Envie de vengeance.

L’ange recula de quelques pas, angoissé.
Elle était dangereuse et imprévisible, elle serait du coté du Diable, possédée volontairement par les forces du mal. Pensait-il.

Dans le ciel pourpre de ce tumulte infernal et damné, on vit la créature rebelle voler. Des étincelles minuscules tombèrent derrière elle comme des gouttes d’eau…
Lilith descendit sur terre.

Sur les rives de la mer rouge, elle contempla son reflet, ses longs cheveux couleur de jais, sa peau qui fut faite de terre rouge, se rappela en un instant de perdition Adam et sentit l’appui des ténèbres sur son cœur quand elle pensa à Eve.
Désespérée par l’effroyable cruauté du châtiment, elle pensa mettre un terme à son malheur en se jetant dans les profondeurs de cette mer obscure.
Réprouvée, à la nuit tombée, elle s’aventura dans le désert froid errant désespérément.

- Le même sort, le même châtiment pour nous, tous les deux, la même injustice.
La voix de Satan était singulière et connaissable, la voix du mal absolu, de la défiance, de la rébellion la plus rebelle.

Il ajouta : “tu aimes ton dieu ?”
Elle le regarda, indifférente, puis murmura : Et toi ? Tu l’aimes ? Tu m’aimes ?

Un nuage de flammes se formait soudainement puis disparut laissant apparaître Lucifer qui bizarrement semblait plus vulnérable que jamais.
- Oui ma déesse je t’aime, tu entends, je t’aime.
Il lança un cri aussi fort et aigu que la terre trembla et quelques plantes sèches prient feux.
Elle leva la tête vers le ciel sombre, exprima un regard défiant et dessina sur ses lèvres un sourire moqueur :
- Crie mon Satan Crie, Pleure si tu veux… Mon pauvre condamné, mon pauvre rejeté… Mon pauvre moi…

Il s’avança vers elle. Elle ouvrit ses ailes noires lui laissant découvrir son corps nu, ses parties honteuses qui lui ont mené à sa perte… Tout prit feu autour d’eux, la terre de sable laissa éclater des volcans, des ruisseaux de larves flambaient diaboliquement, le mal se propageait dans ce coin de la terre comme une immense goutte d’encre noire sur une feuille blanche, l’odeur étouffante des vices les plus vicieux empoisonnait l’air brûlant, pesant comme les voix du mal qui soufflent dans les oreilles…
La perdition, la rébellion ostentatoire, les larmes amères perlent au coin des yeux tristes, des sanglots, des flots bouillants, l’enfer sur terre… La passion de commettre les fautes avec volonté. Quand on se perd, quand on a plus rien qui nous oblige à respecter les limites, quand on vit effrontément, en vain sans plus rien qui nous intéresse… l’insouciance domine. Le masochisme frôle l’autodestruction. Tout, tout et n’importe quoi, juste pour chasser cette misère morale et existentielle, pour oublier, même un instant, cette insignifiance de la vie, de l’existence…


Elle trouva refuge dans ses bras.
Il l’emmena avec lui…

par Moi-même

Lilith, la première femme; cet ancien ange obscur qui sous diverses apparences, à la fois séductrice et envoûtante, vampire ou succube, est toujours malveillante. Le Talmud et le Zohar la présente comme une créature démoniaque. Après avoir tenté le serpent et désobéit à Adam et au Seigneur, elle deviendra la Reine des forces du mal, Reine de Saba et immortelle.
†† Snwy, Snsnwy et Snglf seraient les trois anges que le Dieu ait envoyés à la recherche de Lilith afin de la persuader de retourner à son foyer auprès d’Adam après qu’elle s’en fut par les airs hors du Jardin d’Eden.

Hiérarchie du cimetière

Chaque début de mois, de nouvelles litanies seront publiées ;

Ma litanie romanesque & Ma litanie poétique : un essai personnel d’outre-tombe, en prose ou en poésie.
La litanie littéraire : les buzz littéraires, les nouvelles publications de livres, mes coups de cœur…
La litanie culturelle : Tout ce qui est in the spot à Tunis ; les galeries d’art, les expos, des pièces de théâtre, quelques films à l’affiche…
La litanie de l’âme : un extrait, un passage favori d’un ouvrage littéraire quelconque.