- Tu es la Maudite, la prostituée, tu es Lilith † la noire. Lui dit Snsnwy†† méprisant.
Elle baissa la tête fermant les yeux comme si elle s’apprêtait à se jeter au tréfonds de l’enfer auquel elle était condamnée.
- Tu fus désobéissante, capricieuse au point de transgresser les règles du Seigneur, tu t’es condamnée toi-même le jour où tu incarnas le péché. Du monde originel, tu es chassée. Ta demeure jusqu’au Jugement Dernier qui mettra fin à toute chose, la terre sera.
Elle ouvrit ses ailes noires. Le parfum le plus animale, le plus sauvage et tentateur, imprégné de sulfure que produisaient les profondeurs de l’Enfer, s’élança véhémentement. Et d’un geste brusque mais maîtrisé, elle leva la tête et laissa paraître ses yeux noirs qui brûlaient Rancoeurs et Envie de vengeance.
L’ange recula de quelques pas, angoissé.
Elle était dangereuse et imprévisible, elle serait du coté du Diable, possédée volontairement par les forces du mal. Pensait-il.
Dans le ciel pourpre de ce tumulte infernal et damné, on vit la créature rebelle voler. Des étincelles minuscules tombèrent derrière elle comme des gouttes d’eau…
Lilith descendit sur terre.
Sur les rives de la mer rouge, elle contempla son reflet, ses longs cheveux couleur de jais, sa peau qui fut faite de terre rouge, se rappela en un instant de perdition Adam et sentit l’appui des ténèbres sur son cœur quand elle pensa à Eve.
Désespérée par l’effroyable cruauté du châtiment, elle pensa mettre un terme à son malheur en se jetant dans les profondeurs de cette mer obscure.
Réprouvée, à la nuit tombée, elle s’aventura dans le désert froid errant désespérément.
- Le même sort, le même châtiment pour nous, tous les deux, la même injustice.
La voix de Satan était singulière et connaissable, la voix du mal absolu, de la défiance, de la rébellion la plus rebelle.
Il ajouta : “tu aimes ton dieu ?”
Elle le regarda, indifférente, puis murmura : Et toi ? Tu l’aimes ? Tu m’aimes ?
Un nuage de flammes se formait soudainement puis disparut laissant apparaître Lucifer qui bizarrement semblait plus vulnérable que jamais.
- Oui ma déesse je t’aime, tu entends, je t’aime.
Il lança un cri aussi fort et aigu que la terre trembla et quelques plantes sèches prient feux.
Elle leva la tête vers le ciel sombre, exprima un regard défiant et dessina sur ses lèvres un sourire moqueur :
- Crie mon Satan Crie, Pleure si tu veux… Mon pauvre condamné, mon pauvre rejeté… Mon pauvre moi…
Il s’avança vers elle. Elle ouvrit ses ailes noires lui laissant découvrir son corps nu, ses parties honteuses qui lui ont mené à sa perte… Tout prit feu autour d’eux, la terre de sable laissa éclater des volcans, des ruisseaux de larves flambaient diaboliquement, le mal se propageait dans ce coin de la terre comme une immense goutte d’encre noire sur une feuille blanche, l’odeur étouffante des vices les plus vicieux empoisonnait l’air brûlant, pesant comme les voix du mal qui soufflent dans les oreilles…
La perdition, la rébellion ostentatoire, les larmes amères perlent au coin des yeux tristes, des sanglots, des flots bouillants, l’enfer sur terre… La passion de commettre les fautes avec volonté. Quand on se perd, quand on a plus rien qui nous oblige à respecter les limites, quand on vit effrontément, en vain sans plus rien qui nous intéresse… l’insouciance domine. Le masochisme frôle l’autodestruction. Tout, tout et n’importe quoi, juste pour chasser cette misère morale et existentielle, pour oublier, même un instant, cette insignifiance de la vie, de l’existence…
Elle trouva refuge dans ses bras.
Il l’emmena avec lui…
Elle baissa la tête fermant les yeux comme si elle s’apprêtait à se jeter au tréfonds de l’enfer auquel elle était condamnée.
- Tu fus désobéissante, capricieuse au point de transgresser les règles du Seigneur, tu t’es condamnée toi-même le jour où tu incarnas le péché. Du monde originel, tu es chassée. Ta demeure jusqu’au Jugement Dernier qui mettra fin à toute chose, la terre sera.
Elle ouvrit ses ailes noires. Le parfum le plus animale, le plus sauvage et tentateur, imprégné de sulfure que produisaient les profondeurs de l’Enfer, s’élança véhémentement. Et d’un geste brusque mais maîtrisé, elle leva la tête et laissa paraître ses yeux noirs qui brûlaient Rancoeurs et Envie de vengeance.
L’ange recula de quelques pas, angoissé.
Elle était dangereuse et imprévisible, elle serait du coté du Diable, possédée volontairement par les forces du mal. Pensait-il.
Dans le ciel pourpre de ce tumulte infernal et damné, on vit la créature rebelle voler. Des étincelles minuscules tombèrent derrière elle comme des gouttes d’eau…
Lilith descendit sur terre.
Sur les rives de la mer rouge, elle contempla son reflet, ses longs cheveux couleur de jais, sa peau qui fut faite de terre rouge, se rappela en un instant de perdition Adam et sentit l’appui des ténèbres sur son cœur quand elle pensa à Eve.
Désespérée par l’effroyable cruauté du châtiment, elle pensa mettre un terme à son malheur en se jetant dans les profondeurs de cette mer obscure.
Réprouvée, à la nuit tombée, elle s’aventura dans le désert froid errant désespérément.
- Le même sort, le même châtiment pour nous, tous les deux, la même injustice.
La voix de Satan était singulière et connaissable, la voix du mal absolu, de la défiance, de la rébellion la plus rebelle.
Il ajouta : “tu aimes ton dieu ?”
Elle le regarda, indifférente, puis murmura : Et toi ? Tu l’aimes ? Tu m’aimes ?
Un nuage de flammes se formait soudainement puis disparut laissant apparaître Lucifer qui bizarrement semblait plus vulnérable que jamais.
- Oui ma déesse je t’aime, tu entends, je t’aime.
Il lança un cri aussi fort et aigu que la terre trembla et quelques plantes sèches prient feux.
Elle leva la tête vers le ciel sombre, exprima un regard défiant et dessina sur ses lèvres un sourire moqueur :
- Crie mon Satan Crie, Pleure si tu veux… Mon pauvre condamné, mon pauvre rejeté… Mon pauvre moi…
Il s’avança vers elle. Elle ouvrit ses ailes noires lui laissant découvrir son corps nu, ses parties honteuses qui lui ont mené à sa perte… Tout prit feu autour d’eux, la terre de sable laissa éclater des volcans, des ruisseaux de larves flambaient diaboliquement, le mal se propageait dans ce coin de la terre comme une immense goutte d’encre noire sur une feuille blanche, l’odeur étouffante des vices les plus vicieux empoisonnait l’air brûlant, pesant comme les voix du mal qui soufflent dans les oreilles…
La perdition, la rébellion ostentatoire, les larmes amères perlent au coin des yeux tristes, des sanglots, des flots bouillants, l’enfer sur terre… La passion de commettre les fautes avec volonté. Quand on se perd, quand on a plus rien qui nous oblige à respecter les limites, quand on vit effrontément, en vain sans plus rien qui nous intéresse… l’insouciance domine. Le masochisme frôle l’autodestruction. Tout, tout et n’importe quoi, juste pour chasser cette misère morale et existentielle, pour oublier, même un instant, cette insignifiance de la vie, de l’existence…
Elle trouva refuge dans ses bras.
Il l’emmena avec lui…
par Moi-même
† Lilith, la première femme; cet ancien ange obscur qui sous diverses apparences, à la fois séductrice et envoûtante, vampire ou succube, est toujours malveillante. Le Talmud et le Zohar la présente comme une créature démoniaque. Après avoir tenté le serpent et désobéit à Adam et au Seigneur, elle deviendra la Reine des forces du mal, Reine de Saba et immortelle.
†† Snwy, Snsnwy et Snglf seraient les trois anges que le Dieu ait envoyés à la recherche de Lilith afin de la persuader de retourner à son foyer auprès d’Adam après qu’elle s’en fut par les airs hors du Jardin d’Eden.
1 commentaire:
C'est si sombre , si beau , si chaotique , que j'ai cru m'y perdre pour quelques instants ...
J'adore tout simplement !
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